Année : 2013

Troc, troc, troc, qui est là ?

Troc, troc, troc, qui est là ?

Un chameau contre trois amphores, un carquois contre un calumet, c’est sur ce simple principe d’échange de biens matériels ou de services que “l’économie” a longtemps reposé. Aujourd’hui, avec l’émergence de l’économie collaborative, le troc revient. Petit tour d’horizon de ces sites où on s’échange des biens et des services sans passer par la case “paiement”.

Pour qu’il y ait troc, il faut que deux personnes aux besoins parfaitement symétriques se trouvent, et c’est bien là toute la difficulté du modèle. Toutes les plateformes de mise en relation de particuliers connaissent le problème de la liquidité : si l’offre n’est pas suffisante pour répondre à la demande, le business s’écroule. Par exemple, chez Costockage, il faut qu’il y ait assez d’espaces d’entreposage disponibles de toutes sortes (garages à Paris, caves à Lyon, etc)  pour que chaque locataire y trouve son compte. Dans le cas du troc, il faut non seulement que l’offre réponde à la demande, mais aussi qu’il y ait une réciprocité parfaite entre les deux. Sans Internet, c’est quasiment impossible.

Le troc du tout et du rien

Aujourd’hui, de nombreux sites proposent donc de mettre en ligne les objets que l’on se verrait bien troquer contre d’autres qui nous semblent plus utiles. Le principe est simple : plus il y a d’inscrits, puis il y a d’objets proposés. Plus il y a d’objets proposés, plus on se rapproche d’un niveau optimal de liquidité.

Au rang des sites les mieux fournis, on trouve notamment GchangeTout qui propose d’échanger des objets neufs ou d’occasion, de les louer et de s’entraider en fonction du savoir-faire de chacun. Le site dépassait les 100.000 membres dès 2010, mais impossible de trouver des chiffres plus récents… On peut également mentionner pretachanger qui a été cité parmi les 100 start-ups où investir dans le dernier numéro de Challenges. Les autres exemples ne manquent pas : OnlinetrocConsoGlobe et ComptoirDuTroc, des sites où on s’échange à peu près tout ce qui peut s’échanger, d’un MacBook Pro à une couette pour bébé en passant par de l’encens.

Le troc spécialisé

Certaines initiatives de troc ont pris le parti de se spécialiser dans un domaine en particulier. C’est le cas de Troc Légumes qui se cantonne à l’univers du potager (mais qui triche un peu en proposant soit l’échange soit la vente de produits alimentaires). Enfin, plus classique, TrocTribu vous propose d’échanger vos biens culturels (CDs, DVD, livres et autres). Cette nouvelle vision de troc spécialisé pose la question de l’échec ou non du troc traditionnel : peut-on réellement tout échanger contre tout et se passer d’argent ? Finalement, la généralisation même du système de monnaie n’est-elle pas la preuve que le troc, et bien ça ne marche pas ?

Le semi-troc

Certains sites ont dès lors cherché l’entre-deux : l’échange de biens toujours démonétisés mais en instaurant un système de points afin de mesurer la valeur de chaque bien. On garde le principe du troc tout en s’affranchissant des problématiques d’équivalence de biens. Au niveau vestimentaire, la sympathique plateforme kidiTroc offre la possibilité d’envoyer les vêtements désormais trop petits de ses enfants pour en recevoir des plus grands via un système de packs : un pack contre un autre, les packs ayant à peu près tous la même valeur. De même, le site d’échange de maisons GuestToGuest a mis en place un système de GuestPoints qui récompense les utilisateurs les plus actifs en leur permettant de louer et d’accueillir plus facilement. Au rayon des concepts d’entraide, on trouve Les Troc’heures qui se veut la plateforme de partage d’heures de bricolage, partant du principe qu’un service rendu en appelle un autre, et chacun a des savoir-faire différents qu’il est bon d’utiliser pour tous. Dans la même veine mais sous un format associatif, l’Accorderie lutte contre “la pauvreté et l’exclusion en renforçant les solidarités entre des personnes d’âges, de classes sociales, de nationalités et de sexes différents”. Ces sites là tentent de remplacer l’argent comme unique moyen d’échange tout en garantissant à l’utilisateur qu’il recevra un objet ou un service de la même valeur que celui qu’il propose.

Malgré ces nouveaux systèmes, on attend encore qu’un de ces sites explose. Certaines entreprises comme l’américain Thredup ont d’ailleurs fait le choix d’abandonner le troc pour passer à un système de dépôt-vente en ligne. Le troc se cherche encore mais on est optimistes chez Costockage, sous une forme ou une autre l’échange de biens ou de service entre particuliers est en marche !

Et vous, vous avez déjà échangé votre MacBook contre un canapé ?

Viens chez moi, je cuisine chez une copine

Viens chez moi, je cuisine chez une copine

            Le collaboratif touche désormais la plus grande partie des secteurs de l’économie. On peut dormir, habiter, louer, prêter, conduire, jardiner et même stocker entre particuliers. Il y avait donc toutes les raisons pour que la restauration intègre ce beau monde. Petit tour de table de la gourmandise à la sauce collaborative.

            La magie de la consommation collaborative réside dans sa capacité à toujours réinventer ce qu’on pensait vu et revu. Dans les concepts que nous avons identifiés, tout se joue sur le social. L’objectif est de se rencontrer, de cuisiner ensemble, de faire connaissance physiquement, loin de nos écrans d’ordinateurs qui sont devenus nos nouveaux outils de dating.

 

            1. Un Diner Presque Parfait

            Avant, si je voulais manger des plats mexicains, je devais me rendre chez un vendeur de burritos, guacamole et autres mets locaux. Aujourd’hui, il me suffit de me rendre chez un Mexicain. De nombreuses plateformes se sont développées ces dernières années (et notamment ces derniers mois) pour faire bouger les gastronomes des restaurants vers chez l’habitant.

            Chez les plus connus comme Live My Food, Beyond Croissant ou encore Cookening (ce dernier étant encore en version test), le concept est de se rendre chez un local pour déguster ses petits plats, notamment lorsqu’on est en voyage. Prenez quelques amis, inscrivez-vous sur l’un de ces sites, choisissez une table et une date, et vivez l’expérience d’Un Diner Presque Parfait (avec pour seules exceptions que vous ne devez pas réinviter l’hôte en retour… et que vous n’êtes pas filmés). Voulez Vous Diner s’est basé sur le même concept, en l’appliquant à la gastronomie française. Des hôtes transforment leur salle à manger en hall de brasserie, et il paraît que certaines tables valent vraiment le coup d’œil.

            Le dernier arrivé en date dans cet univers s’appelle Cook N Meet. C’est tout jeune, c’est tout frais, mais ça a l’air bien prometteur. Leur spécialité : mettre l’accent sur la rencontre, et proposer aux invités de participer à l’élaboration du diner. Plus besoin de se rendre au restaurant et de faire un crédit sur 6 mois pour rencontrer des gens !

 

            2. Faisons connaissance autour d’une bonne table

            Quand on est au bureau, et de surcroit quand son lieu de travail est loin de son domicile, on prend vite l’habitude de se nourrir de sandwiches triangle thon-œuf-mayonnaise. On pourrait manger un bon repas au restaurant, mais quand on est tout seul… COlunching s’attaque à ce problème, en organisant des repas au restaurant entre personnes partageant les mêmes centres d’intérêt. Sa mission : passer du modèle « sandwich + YouTube » à une formule « restaurant + nouveaux amis ». D’ailleurs, le site négocie des tarifs pour les COlunchers, ce qui permet de profiter d’une bonne table pour moins cher. Et d’ailleurs, c’est déjà 30 pays d’implantation. Et si le COlunch était en train de détrôner le Brunch ?

 

Costockage.fr, premier garde-meuble entre particuliers!

Assurance comprise! 

 

            3. « Fait maison », littéralement.

            Au restaurant ou chez le traiteur, on apprécie les plats « faits maison ». Mais on a aussi l’impression d’être floué. « C’est pas vraiment fait à la maison, hein ? »

            Super-Marmite, dont l’effigie est une marmite super héros, propose de se vendre des plats VRAIMENT faits maison entre particuliers. Si je cuisine un super tajine, autant en faire profiter tout le quartier (et mon porte-monnaie d’ailleurs, tant qu’à faire). Un bon cuisinier devient alors commerçant ; il est évalué et ses plats peuvent faire le buzz sur Internet. Tout y passe, du foie gras aux pommes sautées en sauce au classique gâteau chocolat-chocapic.

 

            Les lignes bougent, les tendances évoluent, et ça n’a pas l’air d’être en train de s’arrêter. Si on a oublié quelques ingrédients dans notre grosse marmelade collaborative (« si on a oublié des sites ou des concepts », pour ceux qui n’auraient qu’un degré à leur arc), ça se passe dans les commentaires. As usual.

Nous avons rencontré David Laval, fondateur de CityzenCar

Nous avons rencontré David Laval, fondateur de CityzenCar

David Laval a 34 ans. Après avoir fondé et dirigé Mobizen, filiale de Veolia, pour en faire une référence de l’auto-partage en France, David s’est lancé dans l’aventure CityzenCar. Autant vous dire que quand on discute consommation collaborative, David Laval sait de quoi il parle. Comme vous pouvez en juger.

Comment t’es venue l’idée de créer CityzenCar ?

L’idée de CityzenCar, c’est de prêter la voiture d’un voisin qui est disponible à un autre voisin qui en a besoin. C’est tellement simple et intelligent que beaucoup de gens l’ont eue, un peu partout dans le monde. De mon côté, je baigne dans la voiture partagée depuis 2007, année où j’avais cofondé le système d’auto-partage parisien Mobizen. Mais déjà à l’époque nous avions pensé : “pourquoi mettre une flotte en auto-partage alors qu’il y a déjà pleins de voitures disponibles : celles des gens !”. Sauf qu’en 2007, il était hors de question de lancer un tel service, c’était beaucoup trop utopique. Depuis, nous avons changé de monde, le web social a mis les utilisateurs au cœur d’Internet (Facebook…), l’éco-mobilité est devenue un enjeu (Autolib…) et la consommation collaborative a explosé comme phénomène de société. En 2011, nous avons décidé de concrétiser cette utopie en lançant CityzenCar. Mettre sa voiture au service de son voisin n’est pas seulement une démarche économique et/ou écologique, nous avons réalisé qu’il s’agissait avant tout d’un prétexte pour retisser du lien social entre voisins.

Internet regorge aujourd’hui de sites permettant à des particuliers de louer leur voiture. C’est quoi la spécificité de CityzenCar ?

CityzenCar en plus d’être l’un des pionniers sur le marché et de bénéficier d’une excellente notoriété dans le domaine, se différencie de deux façons. Tout d’abord, CityzenCar.com est une véritable plateforme sociale. Les membres ont un profil, on peut se connecter avec ses voisins via un “cercle de confiance” en vue de locations futures… Nous proposons une expérience plus proche de la communauté de voisinage que du site de petites annonces. Ensuite, CityzenCar propose une palette d’outils pour louer de façon plus sécurisée et/ou plus flexible, et nous pensons que ces outils sont les meilleurs du marché. Par exemple :
– L’assurance. Le site inclut une assurance tous risques parfaitement adaptée à la location de voiture entre particuliers. Cette assurance est un outil ultra professionnel et elle est fournie par une compagnie d’assurance qui est la référence sur le marché de la location de voiture. Elle couvre tous les conducteurs sans condition d’âge ou d’ancienneté du permis de conduire (oui, oui, les jeunes conducteurs sont acceptés). De plus, l’assurance inclut une assistance dépannage dès le premier kilomètre, sans condition d’âge sur le véhicule. C’est important parce que le coup de la panne, ce n’est pas amusant du tout, et encore moins si on doit payer la dépanneuse.
– La CityzenBox, qui est proposée aux propriétaires de voiture. C’est un petit boîtier électronique intelligent qui rend possible l’ouverture des portes de la voiture grâce à un téléphone portable. Le propriétaire n’a donc pas besoin d’être présent pour louer son véhicule, ce qui facilite la vie. Quand on ne connaît pas encore trop la personne qui emprunte sa voiture, on aime bien la voir, lui parler… Mais quand on commence à bien se connaître (voire si c’est un ami), on a peut-être mieux à faire que de poireauter à la voiture pour lui donner les clés. Par exemple, si un voisin veut la voiture un dimanche matin dès potron-minet et que le propriétaire souhaite rester au chaud chez lui en pyjama (histoire vécue !). De plus, le système permet au propriétaire de géolocaliser sa voiture, ce qui peut le rassurer dans sa démarche de location.

CityzenCar semble particulièrement fier de sa communauté d’utilisateurs. Qu’est-ce qui rend les Cityzens différents ?

C’est vrai, les Cityzens forment une communauté exemplaire dans le domaine de la consommation collaborative. Nous avons de quoi être fiers de rassembler des personnalités aussi riches et variées. Nous les mettons d’ailleurs régulièrement à l’honneur sur notre blog avec une série d’interviews que nous avons appelée “les Cityzens ont du talent”.
Ceci s’explique peut être grâce à différentes raisons :
– CityzenCar est un projet qui rassemble les gens autour de valeurs communes. En plus de permettre à la communauté d’utiliser l’automobile de façon plus intelligente, nous leur proposons de rencontrer leurs voisins, de recréer du lien social autour de chez eux et de découvrir les autres auto-partageurs qui vivent dans leur ville, village, quartier…
– Afin d’être au plus proche de nos utilisateurs, nous organisons aussi des soirées ou des déjeuners dans plusieurs villes de France (Lyon, Bordeaux, Le Mans…). Et à Paris, nous participons au COtuesday qui se déroule chaque deuxième mardi du mois. Ces rencontres nous permettent de découvrir nos utilisateurs et de leur prouver notre sérieux : ce qui a tendance à les rassurer et surtout à les impliquer d’avantage.
– Enfin, dans CityzenCar, il y a cette promesse de citoyenneté. Finalement, je pense qu’il n’est pas étonnant que nous rassemblions de plus en plus de gens qui ont répondu présents à cet appel.

Que réponds-tu à toutes les personnes qui ne manquent sûrement pas de te demander: « Et si quelqu’un me vole ma voiture ? Et si on s’en sert pour transporter de la drogue ? etc. »

C’est tout à fait normal de se poser ces questions et il ne faut pas les éluder. Nous n’avons pas le droit de répondre “ne vous inquiétez pas, tout ira bien”. La voiture a ceci de particulier qu’elle est un objet dangereux (une voiture devient une arme mortelle à partir de 30 km / heure) et un objet très réglementé (code de la route, code des assurances…). Bref, on a choisi un objet compliqué et on assume.
Concrètement, c’est parce qu’il y a ces risques que nous essayons d’être les plus complets et les plus professionnels sur la qualité des outils mis à disposition de nos membres (assurance…). CityzenCar, comme toute pratique collaborative, c’est toujours un acte de confiance, donc à un moment donné une prise de risque avec une autre personne. Nos outils sont là pour limiter au minimum les conséquences de ces risques.
De plus, la communication et la transparence sont importantes. Il y a tellement de “et si ?” que nous avons fait un centre d’aide collaboratif qui répertorie toutes les questions que chacun se pose, afin de rendre la réponse disponible à la communauté.

CityzenCar vient de fêter ses deux ans d’existence. Qu’est-ce qu’on se dit quand on regarde dans le rétroviseur ?

Avec aujourd’hui plus de 35.000 membres et 7.000 voitures inscrits sur le site en un an et demi, nous sommes vraiment heureux du chemin parcouru. Mais nous voyons aussi tout ce qu’il reste à faire, pour les 30 millions de voitures en France, dont 7 millions qui sortent moins de deux fois par semaine !

Avec un nom si bien taillé, c’est pour quand le grand départ à l’international ?

Oui, oui, on adore notre nom. Il résume parfaitement les valeurs de la communauté de civilité, de sérénité, et de sécurité. Être Cityzen, c’est être un citoyen de la communauté des gens qui veulent consommer la voiture de façon intelligente. Et effectivement il est complètement prêt à s’exporter, mais je ne peux encore rien vous dire là dessus. Je peux juste vous dire que dans l’équipe, on n’est pas trop mauvais en langues étrangères 🙂

On parle beaucoup du changement des habitudes de consommation, du recul de la possession au profit de l’accès, et ce dans beaucoup de secteurs. Tu y vois une tendance de crise ou un mouvement de fond ?

Les deux, probablement. Avant qu’on parle de consommation collaborative, l’idée d’une économie de la fonctionnalité où l’usage prime sur la possession date d’avant la crise. Mais effectivement, la crise est sans doute un catalyseur. Elle révèle tout ce que notre ancien modèle de consommation a de non-durable, parce qu’il génère une énorme dette financière et écologique. De ce point de vue, la crise et la consommation collaborative sont des opportunités.

Quel est ton top 3 de la consommation collaborative à la française ?

GuesttoGuest parce qu’on pratique principalement l’échange de maison pour nos vacances et que le fondateur est un ami. Sejourning parce que je préfère l’utiliser lors d’un déplacement pro en province plutôt que d’aller à l’hôtel. Colunching parce que je suis un gourmand et que l’équipe est ultra sympa et organise une soirée de la consommation collaorative une fois par mois : Cotuesday. L’espace de coworking Ici Montreuil parce que c’est nos voisins et qu’ils ont créé un outil formidable et exemplaire pour les entrepreneurs de la création. Enfin, j’ai un gros coup de coeur pour Voisin-âge qui démontre que les pratiques collaboratives peuvent être au service de la solidarité avant tout.
Zut, ça fait 5 sites 🙂

Serais-tu prêt à devenir Costockeur ?

J’adore l’idée de Costockage. Personnellement, je ne dispose pas d’une cave à partager, et j’essaie de ne pas trop accumuler d’affaires à stocker. Mais même en faisant ainsi, on a toujours des dilemmes. Par exemple, nous avons une collection de décorations de Noël qui grandit année après année et qui commence à devenir un peu encombrante. On essaie de partager tout ça au maximum au moment des fêtes avec la famille et les amis, mais inutile de dire que c’est impossible à louer entre particuliers pour éviter le gaspi (les affaires de Noël, on s’en sert à Noël et personne n’en voudra le reste de l’année). Bref, avis aux parisiens : je cherche un voisin qui voudrait bien stocker nos décos de Noël.

 

Je jouais avec l’idée…

Je jouais avec l’idée…

Je jouais avec l’idée de Costockage depuis un bout de temps déjà. A vrai dire, j’hésitais entre ça et créer une marque de vélo…  Mais trois choses étaient très claires pour moi :

1) je voulais créér une boîte (depuis l’avant-bulle internet et les photos de jeunes-startupers-en-baskets-devant-des-imacs-dans-des-lofts-à-San-Francisco).

2) Je voulais créer une boite avec un copain.

3) C’est pas facile de trouver un copain prêt à se lancer dans une histoire pareille.

L’idée de Costockage avait commencé avec les scouts (comme beaucoup de choses dans ma vie : les filles – lecteur, si toi aussi tu es scout, avoue – les amis, la prise de responsabilités…).
Un jour, avec mon groupe, on s’est fait virer du local qu’on utilisait pour stocker notre matériel. Or les scouts ont BEAUCOUP de matériel. On a demandé des devis dans des centres de self-stockage. En les recevant, on a hésité entre rire et pleurer. C’était tellement cher qu’on s’est demandé si les 10m2 qu’ils nous proposaient étaient bien à 30km de Paris, ou si c’était un loft Boulevard St-Germain.

Un copain venait d’emménager seul. Il louait un studio dont le bail comprenait un box de parking et une cave. Evidemment il n’avait pas de voiture et rien à stocker. Je lui ai demandé de nous louer l’ensemble. Il a accepté et on y a mis nos outils, nos tentes et notre vaisselle. Avec l’argent, il s’est payé un abonnement au stade.

L’idée était née, mais je n’imaginais pas le nombre de personnes qu’elle pourrait aider.

J’ai réalisé que contrairement à ce qu’on pense, il y a énormément d’espace disponible dans les villes. Mais comme toute ressource chère, elle est très mal distribuée parmi la population. Par exemple, il y a des caves dans la plupart des immeubles des grandes villes, un nombre incalculable de parents dont les enfants ont quitté le foyer laissant derrière eux des chambres vides, (…), des milliers de propriétaires de parking sans voiture à y garer…

Plus j’en parlais autour de moi, et plus j’entendais de récits de galère pour tous ces moments de la vie où on a besoin d’un peu d’espace en plus pour entreposer temporairement ses affaires. Pas étonnant que le marché du self-stockage grossisse de 15% par an.

C’est absurde : pourquoi construire des entrepôts (chaque année des dizaines de nouveaux bâtiments construits dans l’unique but d’abriter des objets plutôt que des gens), nous pousser à prendre notre voiture pour apporter nos affaires et, nous faire payer une fortune? Alors que dans la rue de chacun d’entre nous il y a sûrement quelques mètres carrés disponibles, qu’un voisin se ferait un plaisir de mettre à disposition pour arrondir ses fins de mois.

Un café un dimanche matin. Un ami de longue date qui me raconte qu’il en a marre de sa grande entreprise, de mettre des cravates et de bosser des nuits entières pour d’autres. Et me voilà en train de lui déballer ce que je viens de vous dire. Et d’ajouter que, pour ma part, pas question que je m’essaye à mettre un costard tous les matins.

Mickaël fait un de ces tours de passe-passe qu’on apprend dans les cabinets de conseil où on est capable de multiplier ou diviser par 10 la taille d’un marché sans en avoir l’air. On parle d’Airbnb, de Covoiturage et d’Etsy et de la beauté de ces entreprises qui permettent à des vrais gens de rendre de vrais services à d’autres vrais gens, et d’y gagner, tout en gaspillant moins de ressources. Il me dit qu’il va y réfléchir. Je me dis que c’est peut-être fini de jouer avec l’idée, que j’ai peut-être trouvé l’associé qui me manquait pour me lancer. Le lendemain il m’envoyait un message Facebook avec un plan de travail pour les semaines à venir. Vu le temps qu’il avait dû y passer c’était comme s’il avait déjà signé…

 

En exclusivité mondiale, la capture d’écran du plus long message Facebook du monde…

message fb micka

Du grand capitalisme… à la grande aventure

Du grand capitalisme… à la grande aventure

“Sérieusement, mon fils, tu comptes vraiment quitter ton travail stable et bien payé pour te lancer comme ça à l’aventure ?
– Mais oui maman, tu sais, la consommation collaborative, c’est un nouveau monde, on se rend service, et puis c’est excitant ! Ok, je serai pauvre, au début, mais je serai entrepreneur !
– C’est comme ça que tu crois rassurer ta mère ? J’étais si fière de dire que mon fils travaillait chez…”

Discussion fictive (presque) sans lien avec des faits réels, mais qu’a pu connaître tout entrepreneur venant du monde de la « Grande Entreprise ». Responsabilités importantes, opportunités parfois exceptionnelles de voyages, de rencontres, l’impression d’être au plus près des « décideurs ». Et puis la capacité de faire des projets perso, de faire une offre pour ce bel appart, d’être reçu poliment à la banque, d’être « sur la route du succès ».

Et un jour, après un café d’une heure avec un ami, on décide qu’on va passer de l’autre côté. Qu’au lieu de recommander, on va faire et choisir. Qu’on va dédier une bonne part de ses jours, nuits, week-ends à dessiner les pages d’un site internet, ou à écrire des CGU pour un tout nouveau concept, celui du stockage entre particuliers. Qu’au lieu d’assister les grandes entreprises du CAC 40, on va plutôt aider les gens dans leur déménagement, à louer un garage ou un box à Paris ou à Dijon, et surtout, qu’on a envie de le faire maintenant et tout de suite.

Et, je peux vous le dire, après déjà six mois d’aventure, ça vous change, et ça fait un bien fou ! Du moins, tant qu’on préfère la courbe des followers de Costockage sur Twitter et des utilisateurs d’Airbnb à celle de son compte en banque…

D’un coup, on se découvre un sens du détail qu’aucun manager ou ami n’avait pu détecter chez vous.

D’un coup, une journée sans « décision » devient frustrante.

D’un coup, on se réjouit à chaque article sur Drivy, Cityzencar, Leetchi et E-loue parce qu’on a le sentiment de faire partie de la même équipe, et qu’on espère changer (un tout petit peu) la vie quotidienne des Français, et leur rapport à la consommation.

D’un coup, et c’est probablement le plus important, on ne travaille plus qu’avec des gens qu’on a choisis. Associé bien sûr, mais aussi designers, développeurs, stagiaires, comptable, avocats, investisseurs, des gens auxquels on décide de faire confiance, et qui nous le rendent bien. Et ça, c’est peut-être LA raison de lancer sa start-up.

Essayez, ça vaut vraiment le coup !

Micka, cofondateur de Costockage

On a testé Airbnb et on a bien fait

On a testé Airbnb et on a bien fait

Ça y est, ça fait maintenant deux semaines que j’ai commencé mon stage chez Costockage. On y boit du Cacolac, on y crée des mascottes marrantes, on y écoute de la bonne musique, bref on y est plutôt pas mal. Avant ça, la consommation collaborative, je ne connaissais pas du tout. Mais ça c’était avant. Aujourd’hui, j’ai compris : quand t’es étudiant, que tu gagnes pas grand chose, t’as plutôt intérêt à t’y intéresser et à expérimenter différents concepts. Justement, à l’occasion d’un petit séjour à Budapest, j’ai pu tester Airbnb. Récit.

11/12/12, mon portable vibre : « Mec, t’es chaud pour une petite escapade à Budapest la semaine du 7 janvier ? On est cinq. Je prends les billets là, on part de Beauvais ». « Chaud ».

04/01/13, mon portable sonne : « Dites les gars, quelqu’un a réservé un hôtel ? Une auberge de jeunesse ? … »

À trois jours du départ, on était un peu dans la… l’urgence. Et dans ces cas là, ton premier réflexe, c’est de googler.

Sauf que quand tu googles dans l’urgence pour trouver un toit à Budapest dans les trois jours, ça donne à peu près ça : « Jeunesse dormir hôtel auberge logement stp budapest ». Hmmm.

Budapest

Soudainement, l’un de nous a eu LA révélation :

« – Cherche une chambre sur Airbnb, ça marche pas trop mal paraît-il.

– Hein ? C’est quoi ça, Airbnb ?

– Mais si, fais confiance, on peut louer des chambres chez les gens. Ca existe depuis quatre/cinq ans, ils ont même plus de chambres dispos dans le monde que les hôtels Hilton. J’ai lu un article dessus. »

Airbnb, c’est grosso modo un site sur lequel des particuliers mettent à louer des appartements/chambres/lits pour les voyageurs et touristes. Et ce partout dans le monde : plus de 26000 villes et 192 pays répertoriés. Soit une bonne partie de la planète.

Nous on stocke des meubles, eux des touristes.

Vous aimez les services de particuliers à particuliers? Soyez parmi les premiers à faire du Costockage!

De plus, leur histoire est plutôt marrante ! A l’origine élèves d’une école de design, les trois fondateurs, Joe Gebbia, Brian Chesky, et Nathan Blecharczyk ont simplement eu l’idée d’accueillir des gens chez eux, à San Francisco, à l’occasion de la tenue d’une importante conférence sur le design, en leur offrant un lit, un petit-déjeuner et une visite de la ville. Pour financer le lancement du projet, ils sont même allés jusqu’à commercialiser 1000 boîtes de céréales inédites brandées Obama et McCain en 2008, en pleine campagne électorale  !

obama_oj(Un conseil : cliquez sur l’image et mettez le son)

Nous sommes donc allés sur le site, avons entré notre destination, nos dates d’arrivée et de départ, le nombre de voyageurs, et un peu moins de 600 résultats sont tombés. On a fait un peu de tri grâce à la recherche avancée : en demandant un appartement entier avec le wi-fi, le chauffage, une cuisine dans le quartier central, on a eu un peu plus de 200 logements à disposition. On aurait tout aussi bien pu demander une villa tenue par des Portugais et comprenant un jacuzzi, mais on n’aurait eu que deux choix.

Bim Bam Boum, en quelques clics on réserve un appartement pour cinq, situé en plein centre de Pest (oui parce que pour les non-initiés, Budapest se compose de deux villes situées de part et d’autre du Danube : Buda et Pest), on prend contact avec la propriétaire des lieux via courrier électronique et réglons par avance la note en carte bleue, sans même avoir eu à verser de caution. Dans un grand ouf de soulagement, nous voilà fins prêts pour le grand départ.

Trois jours plus tard, on décolle. Passées les galères d’aéroport, de vol et de taxi hongrois, on arrive à l’appartement. Première surprise : la propriétaire est là et nous attend avec tout plein d’explications sur le quartier alentour, des cacahuètes et une petite bouteille de vin…  Deuxième surprise : l’appartement est situé en plein centre-ville, avec tous les monuments, restaurants et boîtes de nuit accessibles à pied… Troisième surprise : les salles de bain (oui parce qu’il y en a deux) sont chauffées par le sol, et quand il fait -10° dehors, c’est très très précieux !

Et tout ça pour la modeste somme de 15 euros par nuit et par personne.

A la fin du séjour, on a simplement déposé la clef dans une boîte aux lettres, pris notre avion et, une fois rentrés, noté notre hôtesse sur le site. Et laissez-moi vous dire qu’on l’a soignée, notre déclaration d’amour.

Bref, si je devais résumer en trois mots mon expérience Airbnb, je dirais : réactivité, facilité, convivialité. Et je peux vous assurer que si notre séjour a été autant réussi, c’est bien grâce à eux.
Le mot de la fin ? Merci la consommation collaborative, évidemment !

Et puis si jamais vous ne trouvez pas votre bonheur sur Airbnb, vous pourrez toujours essayer son homologue français : BedyCasa !

 

Si vous aussi vous avez vécu l’expérience Airbnb, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaires !