La machine next door (lave ton linge chez le voisin)

Jean-Philippe Allain est encore étudiant. Il est aussi un des fondateurs de la plateforme collaborative La Machine Du Voisin, qui permet de connecter les Voisins, heureux possesseurs de machines à laver le linge, aux Sans Machine Fixe, tributaires des laveries de la ville et de leurs caprices. Le site compte 2163 machines à laver disponibles…

En ce moment il est en stage à temps plein pour son diplôme, du coup, il ne travaille “plus que 20h par semaine sur LMDV” – ça en dit long sur sa motivation.

Tout d’abord, la question qu’on se pose tous : d’où vous est venue, à toi et tes co-fondateurs, cette idée un peu folle, partager sa machine à laver…

C’est venu d’une expérience que l’un de nous a connue. Il avait besoin de laver son linge, comme tout le monde, alors il a cherché la laverie la plus proche, comme tout le monde. Sauf qu’une fois sur place, il s’est aperçu que la laverie promise était devenue un magasin d’informatique. Sur le chemin du retour, il s’est dit que c’était quand même idiot : son voisin en a une de machine, lui, et en plus il ne le connaît pas. C’était une bonne occasion de le rencontrer !

Aujourd’hui, vous en êtes où dans le projet ?

Grosso modo, ça fait plus d’un an qu’on s’est lancé et on est trois à bosser dessus. Le problème, c’est qu’on n’a jamais réussi à trouver un modèle économique qui correspondait à nos attentes. On s’est donc monté en association pour avoir une structure légale. Jusque là on n’en avait pas. C’est ça qui est bien avec Internet : l’hébergement ne coûte rien, y’a pas de vrais frais ni de nécessité d’avoir une véritable structure. On n’avait aucune pression.

Qui sont vos utilisateurs ?

Actuellement, on a deux types d’utilisateurs : chez les personnes qui ont des machines (les Voisins), ce sont des étudiants, des familles, des jeunes actifs. Les personnes qui ont besoin d’une machine à laver (les Sans Machine Fixe), sont surtout des étudiants.

On a remarqué que dès le début de l’aventure, vous avez eu droit à un relais très important dans les grands médias. Vous comptez même un sketch parlant de vous dans l’émission On Ne Demande Qu’à En Rire. Comment avez-vous réussir à séduire si rapidement le grand public ?

Pour nous, c’est assez dur de réaliser ça. On fait au mieux, et ça a l’air de bien marcher. Mais on ne se prend pas la tête. La seule chose qu’on a à perdre, c’est du temps. C’est une telle aventure, on ne regrettera jamais. Quand t’es dans cette optique là, tu vis vraiment le truc.

On a contacté seulement trois grands médias parmi la presse gratuite (Métro, 20 minutes,…) et le lendemain on était en première page de l’un d’eux. A partir de là, ça a explosé. On n’a rien eu d’autre à faire.

“Les Voisins VS. Les SMF (Sans Machine Fixe)” : vous avez volontairement décidé d’adopter l’humour comme ton pour parler à vos utilisateurs…

On parle à des étudiants. Le but est de dire “on a un objet qui peut paraître pas très fun, mais on veut en faire un truc sympa”. La machine à laver, c’est pas drôle à la base. Mais c’est un sacré vecteur de lien social. Puis c’était plus marrant de le faire comme ça pour nous. On s’est pas pris la tête, on n’avait rien à perdre, donc on s’est fait plaisir. On était nos premiers clients après tout.

Aujourd’hui, tu te considères comme un entrepreneur quand même ?

Je me place juste entre les deux, et ça marche plutôt bien.

On a vu que vous cherchez de l’argent sur KissKissBankBank (http://www.kisskissbankbank.com/la-machine-du-voisin). Dans quel but ? Pourquoi vous n’empruntez pas de l’argent à la banque comme tout le monde ? (LOL)

Le financement participatif correspond plus à nos valeurs ! On a été beaucoup mis en avant, à nous de rendre la pareille. KissKissBankBank est un site qui permet aux gens de financer un projet à hauteur de ce qu’ils désirent. Notre objectif principal aujourd’hui est de lancer une version 2 du site, qui sera mieux. On veut récolter 5000 euros, et demander à un développeur et un designer de faire quelque chose de propre.

Le soucis avec les banques, c’est qu’on ne gagne pas d’argent. On n’aurait jamais pu leur rendre leur argent. En revanche, avec le financement participatif, il faut savoir trouver des contreparties sympas aux dons des gens. Et c’est pas toujours évident…

T’as d’autres projets coup de coeur dans le domaine de la consommation collaborative ? Des concepts qui permettent de gagner un peu d’argent ou juste de se simplifier la vie ?

L’économie collaborative, je connais bien maintenant. Grâce à OuiShare, notamment, un réseau d’entreprises de conso collaborative. J’aime beaucoup Jelouemoncampingcar, il sont très sympas, Buzzcar ou encore Partagetonfrigo, qui n’est pas encore lancé, et SuperMarmite. Après y’a des projets plus globaux qui touchent plus à l’économie collaborative mais moins au partage, comme la monnaie collaborative (ex. Dropis). Des projets y’en a un paquet !

Pour conclure, tu serais intéressé par le fait de devenir costockeur ?

J’ai regardé ce que c’était, je me suis déjà inscrit à la version-test ! Entreposer chez son voisin c’est une super idée ! J’attends la suite avec impatience !

 

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