Mois : mai 2013

Dehors les banquiers ?

Dehors les banquiers ?

Début mai, le Cabaret Sauvage accueillait la première édition du OuiShare Fest, un congrès intégralement dédié à la consommation collaborative agrégeant des entrepreneurs, porteurs de projets, journalistes et intervenants divers. Toute cette émulation n’a pas manqué de nous donner de belles idées à mettre en avant sur notre blog, en commençant par un thème très en vogue : la finance participative, ou « crowdfunding » de son petit nom américano-british, qui vise à renvoyer au second plan les banques et autres intermédiaires financiers. Tour d’horizon des différentes pratiques.

1. Financez votre boîte contre des goodies

Le don aux entrepreneurs explose en France depuis quelques mois. Nos fils Facebook regorgent d’appels aux dons soutenus par des sites comme Octopousse, KickStarter, Ulule ou encore KissKissBankBank. Grâce à cette pratique, La Machine du Voisin a par exemple réussi à lever plus de 6 000€ sur ce dernier.

Le principe : d’un côté, des entreprises ou porteurs de projet ayant besoin d’argent. De l’autre, des donateurs appréciant un projet et voulant participer par le biais d’un don. Pas de contrepartie financière, pas de contrepartie en actions, mais plutôt des goodies ou autres objets de remerciements. Utopique ? On le pensait aussi. Mais quand on a vu que le don moyen sur KissKiss était de 45 euros, on a compris l’ampleur du phénomène…!

2. Financez votre CD  

Vous avez tous entendu la chanson « Toi+Moi » de Grégoire, premier artiste sorti de MyMajorCompany. En deux mois, cet artiste est parvenu à lever 70 000€ sur la plateforme de production communautaire (on ne jugera personne), ses donateurs d’antan recevant aujourd’hui des royalties sur chaque rentrée d’argent liée à son projet musical.

Les internautes se voient donc proposer la possibilité de devenir coproducteurs de différents projets. Vous pouvez par exemple devenir coproducteur du prochain film de Michèle Laroque sur la plateforme Tous-Coprod ou du prochain album d’Oldelaf sur Oocto.

Par contre, s’il vous plait, écoutez bien les artistes avant de les financer. Sinon, « Toi+Moi » on va pas s’entendre.

3. Financez votre nouvel écran plat

D’un côté, des emprunteurs ayant besoin de fonds. De l’autre, des particuliers avec de l’argent à placer. Il y a là un marché, et donc une place légitime pour la consommation collaborative – tout comme Costockage qui met en relation une offre et une demande d’espaces de stockage. Cette pratique permet aux emprunteurs d’obtenir des taux ultra-compétitifs, en plus de se sentir parties prenantes d’un mouvement qui vise à développer un système bancaire plus sain et transparent.

Cette pratique, qui a explosé aux Etats-Unis avec des sites comme Lending Club, est en plein essor en Europe et notamment en France, avec en tête de file l’entreprise Prêt d’Union. Nous ne pouvons pas non plus passer à côté de SPEAR (Société Pour Une Epargne Activement Responsable), une coopérative permettant de faire financer par des particuliers des projets répondant à des problématiques sociales, environnementales ou culturelles.

Attention à ne pas trop sauter de joie trop vite : la plupart de ces entreprises gérant de l’épargne sont adossées à de “vraies” banques. L’émancipation n’est donc pas encore si évidente.

4. Trouvez des actionnaires

De jeunes entreprises ont tenté de réinventer l’achat d’actions et la prise de participation dans des sociétés. Des acteurs comme SmartAngels,  Anaxago, Wiseed ou encore Angelist vous proposent d’investir en capital dans des start-up et PME. Votre rétribution ? Des dividendes et d’éventuelles plus-values au moment de la cession. C’est par exemple grâce à ce système que Sejourning, le AirBnB made in France, est parvenu à lever 300 000€ sur SmartAngels.

Vous voyez, plus besoin d’avoir vendu sa start-up 1 milliard de dollars à Facebook pour devenir Business Angel !

5. Trouvez des fonds pour vos projets sociaux

Le micro-crédit permet à des porteurs de projet de recevoir un prêt sans intérêt de la part de particuliers souhaitant soutenir leurs idées. Inventé par le nobelisé bangladais Muhammad Yunus, le micro-crédit a donc lui aussi rejoint la sphère montante de la consommation collaborative. Popularisé par des acteurs comme Kiva, les Français ont rejoint ce train solidaire avec des entreprises comme BabyLoan, plateforme à partir de laquelle vous pouvez financer des projets à partir de 20€. « +1 » pour leur nom, d’ailleurs.

Le 14 mai 2013, l’Autorité des Marchés Financiers et l’Autorité de Contrôle prudentiel ont publié le « Guide du financement participatif à destination des plateformes et des porteurs de projets ». Preuve que les autorités considèrent également ce phénomène comme incontournable en l’habillant d’un film de protection. Affaire à suivre !

5 bonnes raisons de passer six mois dans une start-up

5 bonnes raisons de passer six mois dans une start-up

Il y a quelques mois, je prends un café avec Mickael, l’un des deux fondateurs de Costockage. Je le connais un petit peu, je sais qu’il monte sa boite avec un ami, et je suis à la recherche d’un stage pour clôturer mes études. Il m’explique où en est son projet, et insiste sur le fait que le plus gros reste à mettre en place, qu’il y croit dur comme fer, et qu’ils recherchent leur premier stagiaire. A ce moment là, je n’avais aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler ce genre de stage. Quelles missions ? Quel statut sur un CV ? Quelle survie financière ? Comment revendre ce genre d’expérience ? Beaucoup de questions qu’un étudiant se pose nécessairement avant de s’engager sur plusieurs mois.

Après avoir passé du temps dans une banque d’affaire puis dans un cabinet de conseil, je me lance finalement dans l’aventure Costockage quelques jours après ce café, un petit peu à l’aveuglette. Après 6 mois passés dans ce temple du carton, voici les cinq idées que je vous suggère d’avoir en tête si vous hésitez à passer un peu de temps dans une entreprise alors qu’elle fait encore 0€ de chiffre d’affaires.

En start-up, on bosse moins par horaires que par projets. On ne vous en voudra pas d’arriver à 10h ou de partir à 16h si vous rendez vos projets à temps. Vous saurez ce que vous devez faire, vous saurez pour quand vous devez le faire, à vous de vous organiser. Cette flexibilité est davantage renforcée quand la start-up en question est encore itinérante (autrement dit, sans bureaux fixes). Mon appartement est devenu un incubateur, et ma table de salon une table de réunion. Attention, personne n’a parlé de vacances. Mises bout à bout, les heures de travail d’un stagiaire sont souvent supérieures à un stage plus classique en entreprise, sans pour autant atteindre celles des banques ou des cabinets de conseil (ça, c’est le privilège des fondateurs).

En start-up, pas de « département », pas de « divisions », juste une entreprise qui doit faire tout ce qu’elle a à faire. Officiellement, je fais du marketing et de la communication – j’ai même eu droit à des cartes de visite pour ça. En réalité, mes journées oscillent entre du HTML, de la création de partenariats, de la stratégie, de la finance, du juridique, du Google Analytics, des interventions dans des écoles, … et aujourd’hui, je raconte même ma vie sur un blog.

En start-up, on se cultive sur tout l’écosystème gravitant autour de sa boite. Après six mois chez Costockage, les univers du stockage, de la vente de matériel de déménagement et de la consommation collaborative commencent à sonner clair dans ma tête. Quand on travaille sur le lancement d’un nouveau produit, on est obligé de creuser toujours plus loin. Quels sont les mouvements de nos concurrents cette semaine ? Quelle nouvelle entreprise débarque dans la consommation collaborative ? Qui parle de nous ? Qui ne parle pas de nous ? Quels événements “live”’ pourraient nous intéresser ?

En start-up, on rencontre du monde : des utilisateurs, des fournisseurs, des partenaires, des investisseurs, des blogueurs… L’exposition vers l’« extérieur » est fondamentalement plus grande que dans une entreprise classique, du moins à niveau d’expérience égal. On passe du temps au téléphone, dans des usines, dans des bureaux. En prenant ce café, je n’avais absolument pas en tête que j’aurais, quelques mois plus tard, des visites à réaliser dans des entrepôts à Amiens ou des bureaux d’avocats d’affaires du soixante-quinze-cent-seize. Et n’oublions pas l’équipe. Le fit avec les fondateurs et autres stagiaires est indispensable pour pouvoir tirer pleinement profit de ce genre d’expérience.

En start-up, on laisse les boutons de manchette au placard. Les entreprises ont l’habitude de mettre en place des « casual fridays », terme signifiant qu’on a le « droit » de venir habillé de manière moins soutenue le vendredi. Prenez ce concept, étendez-le à toute la semaine, et oubliez vos sessions « repassage de chemise » du dimanche soir.

Passer six mois dans une start-up permet de se poser les bonnes questions avant de démarrer sa carrière. Vous serez moins payé, c’est vrai. Mais vous saurez ce que vous aimez (puisque vous touchez à tout) et pourrez prendre du recul sur vos expériences passées. Etes-vous vraiment fait pour une structure hiérarchique ? Aimez-vous prendre des décisions ? Vous ne vous en sortirez pas sans un minimum de flexibilité ? Bossez quelques mois dans une start-up, vous en ressortirez très certainement grandi sur ces questions.

 

Si vous n’êtes pas d’accord, envoyez 2 par SMS au et on pourra en parler (ou laissez un commentaire, ça coûtera moins cher).